Affichage des articles dont le libellé est Infos générales sur les voyages en kayak de mer au Groenland. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Infos générales sur les voyages en kayak de mer au Groenland. Afficher tous les articles

31 mars 2014

Flore


Le mot ''Groenland'' signifie « terre verte » en scandinave. Pourtant le pays ressemble plus à un désert de glace qu’à une oasis. L’inlandsis  recouvre 80-90% de la surface du pays, mais sur la côte (surtout ouest) la vie est bien présente ! 

Il s'agit en majorité d'une flore rase (rappelant la flore de nos montagnes) qui apparaît dès la fonte des glaces.
Des prairies et des tapis de fleurs multicolores font alors leur apparition.
Deux mois par an, la toundra reprend ses droits et à partir de mi-août, on peut considérer que c’est l’automne ! 

La flore a dû trouver des moyens particuliers pour s’adapter à ce climat rigoureux, mais aussi à un sol particulier : seule une mince couche d’environ 1 m, appelée mollisol, dégèle en été, et le pergélisol (sous-sol gelé en permanence) n’est jamais loin sous la surface !


Les arbres, dans la région de Disko se résument à quelques bouleaux ou saules, ne dépassant pas quelques dizaines de cm de haut.


Le Saule arctique (Salix arctica):


Il s'agit d'un arbuste rampant dont la hauteur varie en général entre 1 et 15 cm (rarement 25 cm). A la fin de l’été, ses feuilles deviennent rouges, donnant de très belles couleurs au paysage.



Les chatons "éclosent" dès que la température remonte (fin juin-début juillet) et permettent la reproduction. Les poils qui les recouvrent permettent à l’intérieur d’avoir une température supérieure de quelques degrés à celle de l’extérieur.




Des herbivores de la toundra tels que les caribous, les bœufs musqués et les lièvres arctiques se nourrissent de leur feuillage.

Les Inuits utilisaient les branches comme combustible de chauffage, tandis que les fleurs fanées, mélangées à des mousses, étaient utilisées comme mèches pour les kudliks, les lampes à huile. 
En médecine, l'arbuste a été utilisé pour traiter la diarrhée, les indigestions et certaines blessures. Les Inuits le mangent également pour sa richesse en vitamine C et son goût.

Le Bouleau nain (Betula nana):





C’est le végétal ligneux vivant le plus au nord. Ce sont des arbustes qui atteignent au mieux quelques dizaines de cm de haut. Leurs feuilles (caduques) sont arrondies, brillantes et dentelées, souvent plus larges que longues, devenant orange en automne. La tige est très rameuse, souvent rampante. C'est une espèce relique de l'ère glaciaire.







L’épilobe à feuilles larges (chamerion latifolium) (en groenlandais: niviarsiaq)






Emblème du Groenland, son nom groenlandais signifie "petite fille". Elle est totalement comestible et on la trouve un peu partout sur la côte.

Les linaigrettes (Eriophorum) ou herbe à coton:




Ce sont des plantes vivaces qu'on trouve communément dans les endroits humides, sur terrain siliceux ou dans les tourbières.



Saxifrages




Et de multiples autres fleurs croissent sur toute la côte groenlandaise...



Campanules
Lychnis alpina





Et bien sûr il ne faut pas oublier les innombrables mousses et lichens qui recouvrent le sol et les rochers.



18 mars 2014

Baleines en baie de Disko:


Au Groenland il existe 15 espèces de baleines, mais en été les plus fréquemment rencontrées sont : 
la baleine à bosse, le petit rorqual et le rorqual commun.


Ces 3 espèces peuvent être observées dans la baie de Disko.

1. Baleine à bosse (anglais: Humpback whale) megaptera novaeangliae


Sa taille peut aller jusqu’à 18 mètres et son poids jusqu’à 30-40 tonnes. Espérance de vie 40 ans.



Sa livrée dorsale est gris foncé, alors que son ventre est souvent blanchâtre.

Les nageoires pectorales sont très longues, blanchâtres, et peuvent atteindre un tiers de la longueur du corps








Elle possède la particularité de présenter une nageoire caudale avec une découpe et, sur la face inférieure un dessin unique, spécifique à chaque individu. Ce motif, appelé « empreinte caudale », permet d’identifier chaque spécimen.







C’est un cétacé migrateur qui peut parcourir 25.000 km dans l’année. La baleine à bosse fréquente les eaux fraîches, où elle trouve aisément de la nourriture en été, et les eaux tropicales ou subtropicales, pour la saison de reproduction et la mise bas.
Malgré leur taille les baleines à bosse sont sociables et s’approchent facilement des embarcations. Ce sont des expertes en acrobatie.
Lorsqu'elle apparaît en surface elle souffle quatre à huit fois par minutes. Lorsqu'elle sonde, elle envoie très haut son échine au-dessus de la surface et semble rouler. L'énorme convexité du dos à cet instant est à l'origine de son nom. Puis elle lève sa queue très haut permettant de voir clairement les dessins de sa caudale, avant de disparaître à la verticale. 
Les immersions durent entre 3 et 30min.


2. Petit rorqual (anglais: Minke whale) Balaenoptera acutorostrata

Sa taille est de 7-10 mètres et son poids va jusqu’à 10 tonnes. Espérance de vie 30-50 ans.
Le petit rorqual est la plus petite des baleines à fanons. On le retrouve partout sur la planète. Le petit rorqual est observé la plupart du temps seul ou en petit groupe (2-3).
Son dos est gris foncé, les flancs sont plus clairs. Sa tête est petite est très pointue. Le principal signe distinctif, en plus de la taille, est la présence d’une marque blanche en travers de chaque nageoire pectorale. Sa nageoire dorsale est en forme de crochet.


Étant relativement petit, on voit apparaître la partie antérieure de son corps (tête) en même temps que sa nageoire dorsale. Par contre, il est très rare de voir son souffle lorsqu'il fait surface.
Il n’expose pas sa nageoire caudale à la sonde. Il peut demeurer sous l’eau de 3 à 10 minutes, au maximum 20.
Il reste de courtes périodes en surface.
C’est une baleine curieuse, mais elle ne s'approche que rarement des bateaux.


3Rorqual commun (anglais : Fin whale) Balaenoptera physalus

Sa taille moyenne est d'environ 15-25 mètres, pour un poids de 40 à 70 tonnes. Il vit 85-90 ans
La forme est très allongée. Le dos gris est foncé. Ce grand rorqual est unique par sa coloration asymétrique. Du côté droit, sa mâchoire inférieure et ses fanons sont blancs, tandis que le côté gauche est foncé. Le rorqual commun est un nageur rapide, aperçu souvent en petits troupeaux (5-10). Le ventre et le dessous des nageoires pectorales et caudales sont blancs. La caudale présente une forme de croissant. L’aileron dorsal est assez petit, falciforme et courbé vers l’arrière, implanté au 2/3 du dos.


Souffle haut (4-8m) et généralement étroit. Il expire toutes les 30-40 secondes, plusieurs fois de suite, à chaque remontée à la surface. Il fait surface à l’oblique, la tête la première.  Les sondes durent de 5 à 18 minutes, et les périodes en surface de 1 à 4 minutes. Il courbe le dos à la sonde, mais n’expose pas sa caudale (sauf exception).

Il reste généralement assez indifférent aux embarcations.


- Durant l'hiver et une partie du printemps, seulement trois espèces de cétacés sont aperçues au Groenland: Béluga, Narval (qu'on reconnaît à sa dent qui ressemble à une défense) et la baleine boréale (nommée Arvik par les Inuits, et qui a joué un rôle important dans le mode de vie traditionnel de ce peuple).

Au Groenland les Orques et les Baleines Bleues sont très rarement aperçues.


13 décembre 2013

L'Age de glace:


Les icebergs sont issus des glaciers terrestres et proviennent de la rupture des fronts glaciaires qui s’avancent sur l’eau. Poussés par les vents ou les courants ils dérivent parfois très loin des zones glaciaires.
 



Spectaculaire vidéo montrant le vêlage d'un iceberg géant par le glacier Sermeq Kujalleq, proche d'ilulissat


Ils ne sont composés que d’eau douce. La glace d’un iceberg est donc bonne à consommer.
 
 



Les icebergs sont de toutes les tailles et formes. Le terme "iceberg" est réservé aux blocs de glace de plus de 5 mètres de large ou avec 1 mètre de glace en dehors de l’eau.


 



Les plus petits blocs sont appelés « bourguignons » (ou « growler » en anglais).





Leur couleur varie également, même si la majorité sont blancs, car composés de neige tassée qui forme, sur des millénaires, les glaciers.
Au fur et à mesure que la neige s'accumule, les flocons de neige capturent un volume d'air important. La neige contenant beaucoup d'air, lorsque la lumière la frappe, elle est capable de la réfléchir sur les nombreuses surfaces internes des cristaux. Cette lumière nous apparaît blanche.


L'eau est beaucoup plus dense que l'air. Donc, quand la lumière la traverse, les longueurs d'onde les plus faibles (à partir de l'extrémité rouge du spectre) sont rapidement filtrées alors que celles de l'extrémité bleue pénètrent plus profondément.

 
 

La glace des glaciers subit d'énormes pressions depuis d'innombrables années. La compression élimine l'air et les surfaces réfléchissantes de la glace.
Certains glaciers sont très anciens, d'autres sont plus jeunes. Les icebergs issus des jeunes glaciers n'ont pas subi beaucoup de compression. Donc, il y a toujours beaucoup d'air et de surfaces réfléchissantes à l'intérieur de l'iceberg. L'iceberg renvoie la plus grande partie de la lumière qui le frappe sous forme de lumière blanche.
 
 
 
Les icebergs issus de glaciers plus anciens contiennent en leur sein peu d'air ou peu de surfaces réfléchissantes. Donc, lorsque la lumière touche l'iceberg, elle ne rebondit pas. Au lieu de cela, la lumière est absorbée. Comme dans l'eau, plus les longueurs d'onde faibles (rouge ou verte) sont absorbées, plus la lumière qui quitte la glace tirera vers le bleu ou le bleu-vert. C'est ce qui rend l'iceberg «bleu».



Parfois, on aperçoit des zones d'un bleu foncé un peu transparent dans un iceberg blanc, ça correspond à une partie de l'iceberg qui a fondu et s'est resolidifiée sous forme de glace, plus dense (sans inclusion d’air) que la neige compactée.


Lorsqu’un iceberg se fissure, de l’eau de fonte s’infiltre dans la fissure et se recongèle (sans inclusion d’air) ce qui donne ces striures bleutées visibles sur certains icebergs.
 
 
 
 
 
De même les vieux icebergs qui se sont retournés plusieurs fois et dont toutes les surfaces ont séjournés sous l’eau, ne se composent plus que de glace (et non plus de neige compactée) et ils sont alors transparents ou bleutés.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

De temps en temps, de la poussière flottante (cendres volcaniques par ex.) ou/et de la terre érodée (inclusions de moraines) se déposent à la surface d'un glacier, formant des lueurs brunes ou noires à l'intérieur d'un iceberg.


 
 
 
 
 
 
 
Parfois, les icebergs présentent des zones de colorations rouges, orangées ou vertes qui sont, elles, dues à la présence de différentes sortes d'algues, les diatomées.

 
 
 
 
Par ailleurs si l'iceberg se détache dans une eau contenant beaucoup d'algues, il arrive alors qu'une pellicule en surface gèle par-dessus l'iceberg lui donnant une couleur verte


 
Environ 7/8e d’un iceberg se trouvent en-dessous du niveau de l’eau.
Ce chiffre est approximatif et varie en fonction de sa densité et de la densité de l’eau.



 
 

A contrario des icebergs, la banquise est composée d’eau salée qui a gelé en surface.
La banquise saisonnière se forme durant l’hiver polaire, lorsque la température de l’eau de mer descend en dessous de -1,8 °C. Au cœur de l’hiver l'épaisseur de glace peut atteindre 1,5 à 2 mètres, sans compter la neige qui s'y accumule.
 
 

27 novembre 2013

Chiens Groenlandais:




Les chiens de traineau Groenlandais sont souvent les premiers animaux qu’on rencontre, et qu'on entend, en arrivant au Groenland.

C’est l'une des races de chien les plus anciennes, arrivée au Groenland avec les premiers Inuits Sarqaq, il y a entre 4000 et 5000 ans.




Ces chiens font partie intégrante de la vie des Inuits.
Leur population est plus nombreuse que la population humaine au nord du Cercle Polaire Arctique.





Les traineaux servent essentiellement à la chasse (les motoneiges sont prohibées pour cela) et pour se déplacer sur la banquise côtière en hiver (rôle que reprend le bateau en été)





Source: letemps.ch


Au Groenland les chiens sont attelés en éventail avec chacun une longe de taille variable. Ces longes s’emmêlent lors du trajet, les chiens changeant sans arrêt de place dans l’attelage. Bonjour le boulot le soir pour les démêler !








Le chien du Groenland possède un poil double très abondant, avec sous-poil doux et épais et un poil de couverture droit et rude. Leur pieds sont protégés par les poils. Ceux de la côte ouest sont plus lourds, plus fort que ceux de la région d'Ammassalik.






L'été ils sont au "chômage technique", ils passent ainsi leurs journées attachés à des longues chaînes autour des habitations ou près des cours d’eau. Ils sont le plus souvent nourris 2-3 fois par semaine.

Par intermittence s'élèvent leurs hurlements, souvent à l'unisson, qui rythment la vie des villages.




Dans certains endroits il est de coutume durant l’été de les débarquer sur une île déserte. Là, il faut que les chiens se débrouillent seuls pendant trois-six mois.


Ils survivent en chassant les oiseaux et en pillant les nids.





Il est déconseillé de s’approcher trop près de ces iles en kayak car ces chiens sont affamés et imprévisibles.



Dans les villages les jeunes chiots sont laissés libres de vadrouiller où ils veulent. Il faut se méfier de ces "peluches sur pattes" qui ont pour habitude d’emporter tout ce qu’ils trouvent (sacs, chaussures, ….). Ce sont d’ailleurs probablement les seuls voleurs qu'on trouve dans ces contrées.
Proche des villages il est recommandé de rentrer ses affaires personnelles dans la tente lorsqu’on s’absente un moment, au risque de devoir les rechercher éparpillées dans tout le village.






12 novembre 2013

Vents catabatiques

Un vent catabatique signifie un vent "descendant la pente".
C'est un vent gravitationnel produit par le poids d'une masse d'air froid (plus dense et plus lourd) dévalant un relief.


source Wikipedia

Une fois le processus enclenché, la masse d'air froid s'accélère et la vitesse du vent peut être extrêmement élevée, surtout dans les vallées encaissées (100-200 km/h).
La majorité n’atteint cependant que quelques dizaines de km/h.





Dans la baie de Disko ils sont plus fréquents dans le "Torssukátak" (grand fjord, au nord de la baie, où se jettent deux fronts glaciaires), et ils peuvent empêcher la navigation et le passage en kayak durant plusieurs jours.





Ils sont plus fréquents et violents en hiver et lorsqu'une basse pression se trouve au large des côtes.



Leur apparition peut être très rapide, de même que leur disparition (une dizaine de minutes parfois).
Ces vents donnent la sensation d'être plus chauds que l'air qui nous entoure (ce qui peut nous avertir de l'arrivée d'un tel phénomène). L'atmosphère est très claire et sèche et le ciel d'un bleu intense, très lumineux. Des nuages lenticullaires, perpendiculaires à la direction du vent, peuvent être présents au-dessus de la calotte.

Nuages lenticulaires (source Carl Skou)

Au Groenland on retrouve les plus spectaculaires dans la région d'Ammassalik (côte est) où il prend le nom de "Piteraq". En 1970 un Piteraq atteignant plus de 320 km/h à été enregistré à Tassilaq, détruisant en grande partie la ville.



6 novembre 2013

Quelques règles de prudence



Connaitre l’horaire des marées ne suffit pas pour savoir où planter votre tente.
Une règle d’or dans les régions arctiques où se trouve de « gros » icebergs (ou proche d’un front glaciaire) est de ne jamais rien laisser trainer sur la plage. Ni tente, ni kayak, ni sac... au risque de les voir disparaitre à jamais, ou pire si vous êtes dans votre tente en train de dormir.

Il faut savoir en effet que les icebergs (et les fronts glaciaires) sont « vivants ».
Ils craquent, s’affaissent et se retournent, provoquant des déplacements d’eau énormes, entrainant des petits tsunamis qui remontent de plusieurs mètres sur la grève et embarquent tout sur leur passage.


Il est donc nécessaire de remonter tout le matériel, y compris les kayaks (portages matin et soir), de plusieurs mètres (au-dessus de la ligne de végétation au minimum) tous les soirs, et la tente doit être plantée assez haut pour ne pas subir les assauts d’une vague potentielle.





Notre guide Eric Chazal nous expliquait qu'il faut savoir écouter la musique des icebergs. Souvent ils produisent des sons avant de se briser (craquements, grondements, sons cristallins).
De même de petits fragments commencent à se détacher avant la chute des plus gros blocs.
Ces signes doivent vous mettre en alerte.





Comme règle empirique de navigation en kayak de mer, il est recommandé ne pas s'approcher à une distance inférieure à 2x la hauteur d'un iceberg et à 4x la hauteur d'un front glaciaire.



Cette règle n'est bien sûr pas absolue et dépend des conditions locales.


Et bien sûr il est tout sauf recommandé de traverser sous une arche ou de pénétrer dans une grotte, même si parfois la tentation est grande.



Ci-dessous quelques vidéos pour vous donner une idée du phénomène :


 

28 octobre 2013

Tables des marées au Groenland


Site danois de météo (en anglais, ou traduire en français) : pour connaitre les horaires des marées au Groenland (Tidal tables). Tables à télécharger en .pdf
(Très important pour savoir à quelle heure on peut ramasser les moules à marée basse …) :

https://www.dmi.dk/hav-og-is/temaforside-tidevand/tidevandstabeller/


or

http://ocean.dmi.dk/tides/tides_grl.php



Il donne également des informations utiles sur la météo, la température de l’eau et la couverture de glace de mer.